SALIA SANOU

« Je suis très attaché à la circulation des cultures, ouvrant des espaces de sens et d’altérité, donnant à voir, à entendre et à comprendre la force de la création comme vecteur de tolérance. »

2010 Salia Sanou fonde la Compagnie Mouvements Perpétuels.

«Cette compagnie est le prolongement de ma conviction en la force de la culture comme facteur de rapprochement des humains et vecteur d’un monde de dialogue».
Un formidable outil de promotion des liens sociaux entre un créateur et un territoire. Entre un homme de son temps et le Languedoc-Roussillon, dont il se sent un membre à part entière. Il développe sans cesse des projets qui, pas à pas, installent, étayent et consolident sa démarche artistique. Creuser, encore et toujours, une écriture chorégraphique pour créer un dialogue avec le public. Initier le regard, rendre sensibles des espaces, en salle, dans la nature, au centre d’un village ou sur une esplanade. Une démarche artistique, toujours nourrie d’une humanité cultivée d’une rive l’autre. Entre la France, sa terre d’adoption et sa terre natale, le Burkina Faso. Aujourd’hui, ce qui lui a été donné s’est bonifié. Riche de ses allers et retours réguliers entre cette région où tout semble construit, où les choses sont possibles, et d’autres lieux, où tout est à construire et paraît improbable.

«Mais partout où l’on se trouve, les aspirations à mieux vivre ensemble, à conquérir des espaces du savoir, de la connaissance de soi et de celle de l’autre, sont partagées.»

Au-delà des différences culturelles et des niveaux de vie, de la découverte de ces espérances communes et surtout de la manière d’exprimer ces aspirations, est née la conviction de construire en France ce projet culturel. Comme un acte citoyen pour instaurer « le dialogue du donner et du recevoir ». Une idée chère au poète Léopold Sédar Senghor. A chaque nouvelle création, Salia développe une réflexion dont l’essence est sa vie. Celle d’un jeune danseur, parti de son village pour la capitale du Burkina Faso, l’Europe et puis le monde. Un artiste africain qui proclame que les frontières s’effacent et que l’Afrique fait partie d’un monde ouvert à la création contemporaine.

1992 Initié aux rites et traditions bobo, il est formé à la danse africaine par Drissa Sanon (ballet Koulédrafrou de Bobo Dioulasso), Alasane Congo (Maison des jeunes et de la culture de Ouagadougou), Irène Tassembedo (compagnie Ebène) et Germaine Acogny (Ballet du Troisième Monde), Salia Sanou rencontre Seydou Boro à l’Union Nationale des Ensembles Dramatiques de Ouagadougou.

1993 Salia Sanou a 24 ans quand il rencontre Mathilde Monnier et retrouve Seydou Boro au Centre ChorОgraphique National de Montpellier. Suivront les créations «Pour Antigone», «Nuit», «Arrêtez, arrêtons, arrête», «Les lieux de là», «Allitérations».
Parallèlement, Salia Sanou chorégraphie L’héritage. Une pièce qui reçoit le premier prix en art du spectacle, à la Semaine Nationale de la Culture au Burkina Faso (premier prix national du Concours de Danse Contemporaine Africaine d’Afrique en créations – AFAA).

1995 Forts de ce premier succès et de leur parcours commun au sein de la compagnie Mathilde Monnier, Salia et Seydou dОcident d’explorer ensemble une danse contemporaine africaine, loin des stéréotypes exotiques et folkloriques. Ils fondent la compagnie Salia ni Seydou et créent leur première œuvre Le siècle des fous. Ils sont lauréats des deuxièmes Rencontres Chorégraphique de l’Afrique et de l’Océan Indien à Luanda.

1997 Création de Fignito, l’oeil troué. Prix “Découverte” R.F.I. Danse 98.

2000 Création de Taagalà, le voyageur, Festival Montpellier Danse.

La danse africaine ne doit pas se limiter à reproduire les formes traditionnelles. Pas plus qu’elle ne doit se plier aux diktats des modèles occidentaux. Ne pas en rester à la tradition ne signifie pas non plus la refuser.

2001 Il chorégraphie Kupupura pour la compagnie Tumbuka Dance du Ballet National du Mozambique.

2002 Entouré de Seydou Boro et de Ousséni Sako, il chorégraphie Weeleni, l’appel. Une des pièces les plus intimistes de la compagnie, interprétée par trois danseurs et quatre musiciens originaires du Maroc et du Burkina Faso.

2003 Salia Sanou est élu Artiste de l’année par l’Organisation Internationale de la Francophonie.

2004 Création de Un carré piste.

2001-2006 Salia Sanou est directeur artistique des Rencontres Chorégraphiques de l’Afrique et de l’Océan indien.

2006 Avec Seydou Boro, ils invitent le compositeur multi-instrumentiste français Jean-Pierre Drouet à les rejoindre pour une collaboration inédite avec l’ensemble instrumental Ars Nova.

«Comment un musicien ressent-il la danse dans sa chair? Comment bâtir une pièce où s’effacent les traditionnelles frontières danse-musique, écoute-mouvement? Le musicien n’est-il pas un danseur où chaque note correspond à une partie du corps qui serait touchée, ébranlée? Le danseur n’est-il pas un musicien dans l’utilisation du mouvement et du rythme?» Ce sera Un Pas de Côté, créé à la Biennale de la Danse de Lyon. Une mise en scène dans un même espace d’artistes différents, aux vécus différents, aux cultures distinctes. Non pas pour questionner nos différences, mais pour entendre et vivre nos richesses.

2006 Salia Sanou et Seydou Boro fondent et dirigent le Centre de Développement Chorégraphique La Termitière de Ouagadougou au Burkina Faso.
Ce projet d’envergure internationale, dédié à la création et à la formation, est le premier du genre en Afrique. Il est financé par l’Ambassade de France à Ouagadougou, le Ministère de la Culture, des Arts et du Tourisme du Burkina Faso et la Mairie de Ouagadougou. Il reçoit le soutien de l’association des Amis de La Termitière.
Ils dirigent la biennale Dialogue de Corps à Ouagadougou, qui propose des résidences d’écriture, des ateliers et des rencontres autour d’une programmation internationale de danse.

2007 Ils reçoivent le Trophée Cultures France des Créateurs sans frontières, qui distingue des créations et des actions de coopération artistique internationale.

2008 Salia Sanou est nommé Officier des Arts et des Lettres par le Ministère de la Culture français, pour son travail chorégraphique dans le monde.

2008 Création de Poussières de sang, Festival Montpellier Danse.

2008 Parution en novembre de Afrique, danse contemporaine. Ouvrage dont il est l’auteur. Illustré par les photos d’Antoine Tempé. Co-édité par le Cercle d’Art et le Centre National de la Danse de Pantin.

2009 Création de Dambé.

2005-2011 Résidence à la Passerelle, Scène Nationale de Saint-Brieuc.

2008-2011 Résidence de créations au Centre National de la Danse de Pantin.

2011 Salia Sanou et Seydou Boro décident de reprendre chacun leur route, tout en gardant la direction artistique commune de La Termitière à Ouagadougou. Quinze ans aprПs leur première création, ils ont su imposer sur la scène internationale une écriture contemporaine, singulière et profonde.

2012 Création de Au-delà des frontières, Festival Montpellier Danse.

2013 Création de Doubaley ou le miroir, Le Théâtre, Scène nationale de Narbonne.

2014 Création de Clameurs des arènes, Festival Montpellier Danse.

Impliqué, engagé, Salia Sanou cultive l’art du mouvement, du déplacement dans un élan et une dynamique qui permettent avec ses créations de mieux appréhender l’état du monde. Au fil de ses créations, il s’attache à partager avec le public les sources de son écriture chorégraphique, à éclairer la scène d’un geste artistique engagé tout en donnant à voir la force, la poésie et la musicalité d’une Afrique en marche. Salia Sanou va créer une oeuvre engagée, proche du réel et des soubresauts de notre temps.

«Qui aurait trouvé le secret de se réjouir du bien sans se fâcher du mal contraire aurait trouva le point. C’est le mouvement perpétuel.» Pascal.

2016 Du désir d’horizons au Théâtre National de Chaillot. Une nouvelle création fondée sur le matériau que Salia Sanou a pu recueillir dans des camps de réfugiés en Afrique. Au Burkina Faso et au Burundi, où il a animé des ateliers depuis 3 ans dans le cadre du programme Refugees on the move initié par la fondation African Artists for Development.